Tout le mois d’octobre, l’histoire des gens du voyage, leur internement et leur assignation à résidence par les gouvernements successifs de 1940 à 1946, a été présentée à Clermont-Ferrand et à Riom. Ces manifestations ont rencontré un très vif succès. Elles sont le résultat d'une volonté collective initiée par l'Association pour la Promotion des Gitans et Voyageurs en Auvergne (APGVA) et a rassemblé des militants de l'AFEV, de l'AGSGV, de l'ANGVC, d'ATD-Quart-Monde, de la CIMADE, du CRI-Auvergne, du MRAP, de l'UPC, des PEP et de son Ecole Itinérante.
De nombreux Tsiganes ont été déportés en Allemagne et exterminés. Mais plus nombreux encore sont ceux qui, restés en France, sont morts de faim, de froid, de manque de soins dans des camps de concentration français. Les familles tsiganes avaient été assignées à résidence dès le décret d’avril 1940 du dernier président de la IIIème République, avant d'être internées ou assignées à résidence. Certaines n’ont été libérées qu’en mai 1946, sans aucune aide humanitaire. C'est ce qu'a montré l'exposition itinérante, réalisée par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône, intitulée “Saliers : un camp pour les Tsiganes” présentée à Riom (Maison des Associations) et à Clermont-Ferrand (Hall Sugny du Conseil Général et Ecole Supérieure de Commerce)
Le film "Route de Limoges" projeté à la Maison de l'Habitat en présence de son auteur, Raphaël Pillosio, a montré la solidarité existant entre Juifs et Tsiganes dans le camp de Poitiers, malgré les barbelés prétendant les séparer. La présence de témoins de l'époque, tsiganes et juifs, a renforcé encore l'émotion ressentie lors de la projection du film.
La conférence d'Emmanuel Filhol "1940-1946, histoire et mémoire" a démontré comment l'oubli et le déni empêchent aujourd'hui encore la reconnaissance de la citoyenneté et des droits de tous, quels que soient les modes de vie, individuels ou collectifs. Elle a permis de mieux connaître l'auteur de la BT2 "Histoire des Tsiganes en France", publiée par l'ICEM-Freinet en mars 2006, que le Conseil Général du Puy-de-Dôme a décidé de diffuser largement.
Une première soirée musicale s'est déroulée à Riom avec le groupe Swing Caravan' de Tony Weiss, tsigane élève de Django Reinhardt, puis une seconde à l'ESC, au cours de laquelle le choeur La Viva s'est associé à Tony Weiss et à Swing pour interpréter l'article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme en huit langues… dont le manouche, devant plus de 250 personnes.
Toutes ces manifestations ont été fortement soutenues par le Conseil Général. Inaugurant l’exposition, Jean-Yves Gouttebel, son président, a tenu a rappelé qu’un des amendements au projet de loi de prévention de la délinquance actuellement débattu est destiné à faciliter l’expulsion des gens du voyage des terrains qu’ils occupent, sans aucune décision de justice. Il a conclu ses propos par des mots très forts, qu'il convient de saluer : "En mettant a disposition un lieu pour l’exposition inaugurée aujourd’hui, en diffusant largement la plaquette « La France et les Tsiganes » dans les centres de documentation de tous les collèges du département, le Conseil général affirme une fois encore sa détermination et son engagement aux côtés des Gens du Voyage."
L'histoire des Tsiganes "de" et "en" France fait partie de l'histoire de France tout court. Les parents de la plupart sont français depuis… 4 ou 500 ans ! Cette histoire est encore trop largement méconnue, sinon niée. La présence, ensemble et tout au long de ce mois, de voyageurs et de sédentaires, est le signe que les choses peuvent changer. La présence continue des PEP, leur soutien matériel et humain, l'engagement de ses militants et de l'Ecole Itinérante ont été particulièrement appréciés par tous les partenaires. Les PEP prendront leur part des actions à venir pour promouvoir les droits de chacun, au sein du Collectif désormais constitué.